Une étude sur la dynamique agricole de Ghyvelde

La Safer a remporté, en mars 2011, l''appel d''offres émis par le Conservatoire du littoral pour la réalisation d''une étude portant sur l''évolution des systèmes d''exploitation et de la dynamique foncière dans l''est dunkerquois. Le périmètre de ce dossier portait sur 236 ha situés principalement à Ghyvelde et dans une moindre mesure à Bray-Dunes. Il avait pour objectif d''établir un état des lieux précis du territoire, de son utilisation et de son évolution, afin de déterminer s''il était nécessaire d''envisager une action pour préserver l''environnement. « Il n''y avait aucun projet particulier prédéfini en relation avec ce dossier, tient à préciser Amélie Lecocq, Chargée d''études à la Safer. Il s''agissait uniquement de fournir au Conservatoire un outil de réflexion sur le présent et l''avenir d''un site situé entre deux zones protégées ».

 

Un territoire à forte dominante agricole

Dans une première étape, l''étude a consisté à rencontrer les exploitants afin de déterminer comment et par qui est utilisé le territoire. Cela a permis de savoir qu''il est occupé à 84 % par des exploitations agricoles, à 8 % par des zones de chasse et pour le reste par des friches ou des propriétés privées de loisir non construites. Les agriculteurs sont au nombre de 12. Ils exercent des activités diversifiées (polyculture, polyculture élevage, maraichage) sur des surfaces utiles de 85 ha en moyenne. Leur âge moyen est de 53 ans. Un seul des plus de 50 ans n''a pas de successeur direct. « Nous pouvons déduire de ces données que les exploitations de la zone étudiée sont dynamiques, bien structurées et pérennes », affirme Amélie Lecocq.

 

Dans une seconde étape, l''étude a porté sur le foncier agricole de l''ensemble des deux communes de Ghyvelde et Bray-Dunes. Durant les 10 dernières années, il a donné lieu à des transactions portant sur 274 ha avec un maintien à 70 % de la vocation agricole des surfaces et une perte au profit de l''urbanisation de 18 %. Quand au périmètre de l''étude stricto sensu, il a connu quelques rares ventes qui ont bénéficié à des activités de loisir, principalement la construction de huttes de chasse. Il y a donc peu de mouvements fonciers. Toutefois, ces derniers sont perçus comme une menace par les exploitants, qui constatent la disparition progressive de l''usage agricole de certaines parcelles au profit des chasseurs.

 

Inquiétude chez les agriculteurs

Le fait que le Conservatoire du littoral ait demandé une étude sur la zone a accru l''inquiétude des agriculteurs et des élus locaux. Le climat est même tendu. Pour Jean Decool, Maire de Ghyvelde, « il est évident que le Conservatoire a l''intention d''acquérir par préemption des terrains et de les déclarer en zone protégée. Sur les 1 646 ha de la commune, il l''a déjà fait pour 500 ha. Près d''un tiers de notre territoire ! Et, régulièrement, il grignote quelques parcelles supplémentaires ».

 

Même avis du côté de la FDSEA Nord, dont le Président pour l''arrondissement de Dunkerque, Francis Vermersch, déclare : « Il y a beaucoup de mouvements fonciers dans notre secteur qui se font en faveur de la protection de l''environnement et entrainent une réduction des surfaces cultivées. Ce qui revient à retirer aux exploitants leur outil de travail. Or, dans le Nord, et tout particulièrement dans la zone qui a donné lieu à l''étude, l''agriculture est à la fois une source de biodiversité et une garantie du bon entretien du territoire. Dans ce cas précis, le meilleur moyen de préserver l''environnement, c''est de préserver l''agriculture ».

 

Vers un partenariat à long terme associant agriculture et protection de l''environnement

Si l''étude est devenue le révélateur de la méfiance des agriculteurs et de la municipalité, elle devrait, au final, servir d''outil pour stabiliser la situation et rassurer tout le monde. La photographie précise du site qu''elle a délivrée, parcelle par parcelle, démontre en effet, comme il a été indiqué plus haut, que l''activité des exploitants garantit une utilisation à la fois diversifiée et durable des terres. Reste maintenant à engager une réflexion autour d''un partenariat avec les exploitants qui pourrait assurer la gestion à long terme du territoire tout en conservant sa vocation agricole.

 

Gageons qu''un dialogue constructif ne va pas tarder à s''engager, au bénéfice de tous.

 

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