La politique agricole du Conseil Départemental du Nord

Rencontre avec Patrick Valois, Vice-Président du Conseil Départemental du Nord en charge de la Ruralité, sur le thème de la politique agricole du département.

 La Vice-Présidence à la ruralité n’existait pas auparavant. Quelle est son rôle et quelle place y occupe l’agriculture ?

 Patrick  Valois : Mon rôle est transversal. Il est d’apporter une touche de ruralité dans les décisions qui sont prises en matière de logement, d’éducation, de tourisme… qui relèvent de la compétence des différentes Vice-Présidences du Conseil. En revanche, je suis le seul pilote pour la question agricole qui, de ce fait, occupe une place centrale dans ma mission.

 Quelle est la politique du Département en matière d’agriculture ?

 PV : Par rapport à la crise actuelle, nous n’avons pas la possibilité d’influer sur les cours européens et nos finances sont trop tendues pour nous permettre d’octroyer des subventions. En revanche, le Département a un potentiel d’intervention directe à travers les 120 000 repas délivrés chaque jour dans les cantines des collèges, maisons de retraites et maisons de l’enfance qui sont sous sa responsabilité. A cet égard, notre principal objectif pour 2016 est de développer l’approvisionnement local de ces établissements. Nous voulons ainsi contribuer à la survie de la profession agricole dans sa diversité, en évitant de la voir se concentrer uniquement sur de grandes exploitations.

 Comment allez-vous procéder ?

 PV : L’offre et la demande doivent évoluer ensemble, avec une montée en puissance progressive. Nous avons organisé le département en huit territoires agricoles d’approvisionnement qui combinent chacun une partie urbaine (qui concentre la demande) et une partie rurale (qui concentre l’offre). Notre rôle est d’accompagner les acteurs de cette évolution : acheteurs et producteurs. Pour ce faire, nous avons créé une équipe de huit personnes. Ils rencontrent actuellement les gestionnaires de cantine pour les aider à renouveler leurs appels d’offres et organiser leur système de commandes localement.

 Quelles sont les difficultés à lever ?

 PV : Il faut organiser la logistique. Le Département envisage d’intervenir là où rien n’existe à travers des structures d’insertion, ce qui permettrait de croiser les politiques agricoles et sociales. Par ailleurs, la précédente majorité avait mis en place une expérimentation avec 18 collèges (sur 175). Ils sont arrivés à un niveau d’approvisionnement local de 25 %, ce qui est trop peu, et qui plus est pour des produits faciles à gérer comme les pommes de terre, qui relèvent d’une filière qui souffre moins. Or, nous souhaitons aider toutes les filières en particulier les producteurs de lait et de viande, qui sont en difficulté. La marge de progression est donc importante : par le nombre d’établissements, par la proportion d’achats locaux et par le panel de produits achetés.

 La politique agricole du département comporte-t-elle d’autres volets ?

 PV : Oui, un volet, celui de la diversification. Ainsi, le Département souhaite développer l’hébergement de personnes âgées en milieu familial et rural. Ou encore : confier l’entretien des bas-côtés des routes départementales à des agriculteurs qui se lancent dans la méthanisation. Nous allons aussi mettre à disposition des terrains départementaux pour des porteurs de projet voulant tester une nouvelle production agricole.

 Vous siégez depuis peu à l’Assemblée générale de la Safer Flandres-Artois et au Comité technique de Lille. Quelles sont vos premières impressions ?

 PV : Je suis impressionné par la qualité du travail mené en amont des prises de décisions. Nous sommes dans un état d’esprit commun : assurer la diversité de l’agriculture régionale et agir dans la cohérence, avec cette option de préférence à l’installation de jeunes que je trouve très positive.

 Et quel rôle vous assignez-vous au sein du Comité technique ?

 PV : Je siège en tant que Conseiller départemental. J’ai donc le devoir de rester en cohérence avec l’objectif du Département qui est de développer l’approvisionnement local. Ce n’est pas gagné. Pour réussir, il faut une ligne et s’y tenir, à partir du moment où les projets sont viables.

 
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