La Safer partenaire de la lutte contre les inondations

Grâce au mécanisme de compensation, la création des zones d’expansion de crue du bassin versant de l’Aa se fera sans léser les agriculteurs locaux.

 

Pour prévenir les risques d’inondation liés aux débordements de l’Aa, au sud-ouest de Saint-Omer, le Syndicat Mixte pour l’Aménagement et la Gestion des Eaux de l’Aa (SmageAa) a lancé un programme de création de zones d’expansion de crue. L’objectif est de pouvoir inonder ou sur-inonder des espaces naturels, peu vulnérables aux inondations, afin de réguler les crues du fleuve grâce à une rétention temporaire des eaux en amont des zones sensibles.

 A l’écoute des projets et de la profession agricole, la Safer constitue une réserve foncière dès 2007

 Une dizaine de sites ont été retenus pour créer des « champs d’inondation contrôlée ». Ces aménagements reposeront sur la construction de digues et la mobilisation, lors des crues, de surfaces agricoles utilisées en pâturage. Les agriculteurs vont donc subir une double emprise : une quinzaine d’ha pour les digues et plus de 70 ha pour les zones inondables.


 Autant dire que les agriculteurs concernés ont réagi lorsque le programme leur a été présenté en 2011. Heureusement, à leur demande, la Safer avait constitué une réserve foncière. Dès 2007, elle avait commencé à acquérir des terres, en partenariat avec le SmageAa qui assurait le portage financier de l’opération, afin de pouvoir compenser les agriculteurs qui allaient perdre de la surface ou subir une gêne dans leur travail.

 L’essentiel pour les agriculteurs : conserver leur outil de travail

 Comme le rappelle Pierre Hannebique, Président de la FDSEA, « un agriculteur qui doit abandonner une partie de ses terres pour un projet collectif ne cherche pas à percevoir une indemnité. Ce qu’il veut, c’est conserver son outil de travail, c’est-à-dire retrouver du foncier lui permettant de poursuivre son activité dans de bonnes conditions ».


 C’est dans cette optique que la profession agricole, représentée par la Chambre d’Agriculture et la FDSEA, a signé en 2011 avec le SmageAa un protocole d’indemnisation des préjudices fonciers liés à l’aménagement de l’Aa. Il prévoyait la compensation de 1 ha perdu par 1 ha retrouvé, tout en donnant la possibilité aux exploitants qui souhaitaient partir de percevoir une indemnité ou aux propriétaires qui souhaitaient vendre au SmageAa de le faire.

 La Safer, opérateur des compensations

 Comme prévu dans le protocole, la Safer a géré les compensations. Une démarche qui a commencé par une étude foncière pour identifier les problématiques et les souhaits des exploitants et des propriétaires.


 C’est ainsi, par exemple, que Stéphane Courbois, éleveur bovins viande à Saint-Martin d’Hardinghem, a reçu la visite du Conseiller foncier Safer. « L’Aa traverse mes terres situées près de mon corps de ferme, explique-t-il. La digue qu’il est prévu de construire prendra 3,5 ha sur un bloc de 15 ha de prairies qui deviendront deux bassins de rétention lors des crues. De plus, elle se situera entre les parcelles et mon exploitation, ce qui gênera la circulation des animaux. Enfin, 70 ares ne seront plus du tout accessibles. Le Conseiller m’a d’emblée rassuré en me disant que je serai prioritaire pour obtenir une compensation foncière à proximité de ma ferme ».

  

 Et ce fut bien le cas. La Safer a émis un appel à candidatures pour les surfaces qu’elle avait mises en réserve. Elle a reçu une douzaine de propositions, dont 9 émanaient d’exploitants touchés par l’opération du SmageAa. Ils ont été prioritaires dans le cadre des compensations prévues par le protocole, à l’instar de Stéphane Courbois qui a reçu 5 ha jouxtant ses parcelles. « Cela compense la perte de surface et la difficulté à manipuler les animaux engendrée par la digue, dit-il. J’ai eu affaire à des professionnels au fait des problématiques agricoles ». Les transferts sont en cours de signature chez les notaires. Les travaux peuvent commencer.


 Voilà un projet à forte emprise sur le monde agricole qui se déroule dans les meilleures conditions grâce à une bonne coordination entre la demande professionnelle et le savoir-faire et les outils de la Safer.

 
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