L'installation réussie de deux jeunes agriculteurs en Calaisis

Au printemps 2010, une exploitation de 100 ha située sur les territoires des communes de Vieille Eglise et Nouvelle Eglise et, marginalement, d''Offekerque, s''est retrouvée sans exploitant à la suite du décès de l''agriculteur qui en était le propriétaire-exploitant. C''était une unité complète, regroupée en deux lots, avec l''habitation et les bâtiments agricoles. Sa situation stratégique, au sortir de l''autoroute A16, avec une forte visibilité, la rendait particulièrement intéressante pour la Communauté de Communes de la Région d''Audruicq et la Chambre de Commerce et d''Industrie du Calaisis.

 

Des projets qui contrariaient la destination agricole des terrains

La Collectivité locale souhaitait acquérir le corps de ferme et les 10 ha contigus pour créer un Pôle d''excellence rurale ayant vocation, avec l''aide de l''Etat, à servir de lieu d''expérimentation et de démonstration de projets agricoles innovants. La CCI, quant à elle, avait en vue la création d''une zone d''activité de 37 ha. Une démarche qui allait à l''encontre de la destination de terres, qui étaient – et sont encore – classées en zone agricole. Enfin, rien n''était prévu pour les 53 ha restants.

 

Sachant que l''indivision qui avait hérité de l''exploitation souhaitait vendre au plus vite, la Safer a préféré acquérir l''ensemble des terrains et du corps de ferme afin de maîtriser leur utilisation future. « Mais le coût de l''opération allait grever trop lourdement notre trésorerie, précise Hubert Bourgois, Directeur Général Délégué de la Safer Flandres-Artois. D''où notre démarche de partenariat avec la Communauté de Communes et la CCI : l''une et l''autre se sont engagées à financer l''acquisition, par la Safer, des biens dont elles voulaient disposer, au final, pour leurs projets respectifs. Ce qui nous permettrait de gérer les terrains au mieux de l''intérêt collectif et de conserver la possibilité de les réaffecter dans leur totalité pour l''agriculture si la création d''une zone d''activité ne se concrétisait pas ». L''achat par la Safer a eu lieu dès le mois d''août 2010.

 

Deux installations et huit extensions d''exploitations agricoles

Des conventions d''occupations provisoires et précaires ont été signées avec huit exploitants pour les terrains mis en réserve par la Safer au bénéfice de la Communauté de Communes et de la CCI. Pour tout le reste, soit 53 ha, il a été effectué un appel à candidatures durant l''automne 2010. Le nombre de réponses témoigne de la pression foncière qui caractérise le département : 53 offres sont parvenues à la Safer ; 18 pour des installations et 35 pour des agrandissements. 5 ha un peu isolés ont été attribués dans le cadre d'opérations d'aménagement parcellaire.

« Nous avons étudié tous les dossiers, se souvient Jérôme Muselet, Président du Comité technique de la Safer Flandres-Artois, tout en ayant pour objectif de privilégier l''installation de jeunes agriculteurs afin de pérenniser le métier. Les débats ont été longs et contradictoires, car il y avait plusieurs propositions justifiées et solides. Au final, nous avons décidé collectivement de choisir deux jeunes qui se destinent à la reprise de l''exploitation de leurs parents, ces dernières étant à proximité des terrains vacants ».

 

L''un des jeunes agriculteurs est âgé de 30 ans. L''autre de 29 ans. Tous deux sont titulaires d''un diplôme agricole (un bac pro et un BTS) et ont sollicité l''aide nationale. Le premier acquiert 23 ha proches de l''exploitation de ses parents, dont il était salarié jusqu''à présent. Le second, qui travaillait comme aide familial, achète 25 ha et en loue 5 à la Safer. Il s''agit de Jérémy Bouret. Il a signé en mars 2011 et s''est installé en juin. « J''ai créé une EARL avec mes parents, explique-t-il. Au total, notre surface utile passe à 100 ha. Et comme le matériel est déjà là, mon investissement, financé par un emprunt et l''aide de l''Etat, se limite à l''acquisition des terres, ce qui garantit l''équilibre économique de mon installation. Plus tard, lorsque mon père, qui a 52 ans, prendra sa retraite, je pourrai envisager sereinement, en relation avec mon frère, de reprendre l''ensemble de l''exploitation ». Comme on le voit, la relève est assurée.

 

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