10 ans après, qu'est-il devenu ?

Retour sur l'installation d'un agriculteur bio

« Il y a 10 ans, ma femme a participé à une réunion Safer durant laquelle elle a expliqué notre volonté d''acquérir des terres pour y pratiquer une agriculture maraîchère biologique, se souvient André Béthencourt. Nous exploitions alors une parcelle près d''Arras, en bio, avec deux inconvénients majeurs : un bail précaire et des terrains inondables. J''occupais un emploi salarié sur une exploitation voisine pour compléter nos revenus. Quelque temps plus tard, Gilles Spanneut, Conseiller foncier à la Safer, nous a proposé une solution à Campigneulles-les-Grandes, dans le Pas-de-Calais ». Ce fut le début de l''aventure.

 

Il s''agissait d''un café de village doté d''une licence IV et d''un terrain attenant de 2 ha. Son propriétaire, qui partait à la retraite, venait de signer un mandat de recherche avec la Safer, après que ses propres démarches de vente aient échoué. « Nous avons émis un appel à candidature, explique Gilles Spanneut, pour lequel les seules réponses obtenues consistaient à faire du lieu une résidence secondaire. Les agriculteurs locaux n''étaient pas intéressés par un terrain enclavé entre des habitations. D''où notre intérêt pour la proposition de M. Béthencourt, qui a été soutenue par notre Comité technique ». Après négociation, le propriétaire a accepté de diminuer son prix et de vendre sans la licence IV.

 

C''est ainsi que le couple Béthencourt s''est installé à Campigneulles-les-Grandes, en 2002. D''aucuns pouvaient penser à l''époque que la parcelle était trop petite pour permettre d''y vivre de son travail, d''autant plus que le bio était encore un marché relativement nouveau. Il n''avait pas la stabilité d''aujourd''hui. La Safer, elle, y a cru. Et avec raison, comme le prouve la suite de l''histoire.

« Nous ne manquons pas de travail, souligne André Béthencourt. Le maraîchage requiert beaucoup de main-d''œuvre. Et en bio, encore plus. J''emploie maintenant une salariée à mi-temps et deux à quart temps. Quant à moi, je travaille à plus que temps plein ». Les 2 ha de l''exploitation produisent 40 espèces différentes : légumes d''été et légumes d''hiver, légumes racines et légumes fruits. 3 000 m2 ont été mis sous serres tunnels.

 

Toute cette production est vendue pour moitié sur trois marchés : Abbeville, Lille Fives et Lille Place du concert. Trois emplacements que l''agriculteur a retenu définitivement après en avoir testé une dizaine. L''autre moitié est commercialisée, depuis cinq ans, via l''AMAP d''Abbeville. Par ailleurs, pour fidéliser sa clientèle, l''agriculteur complète son offre avec un peu d''achat-revente.

 

« La croissance du marché bio nous a aidé à constituer assez rapidement une clientèle, précise André Béthencourt. Toutefois, j''ai dû conserver pendant un an et demi un emploi salarié en parallèle, puis me contenter du Smic durant quelques années ». D''où son message aux jeunes agriculteurs qui seraient tentés par sa démarche : « oui, il est possible de vivre du bio sur une petite exploitation, mais à condition d''être très motivé, de ne pas compter ses heures et d''accepter de faibles revenus durant la phase de lancement ».


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